Une Statue pour Arago...



Le Mathouriste vous propose ici un hommage en deux temps:
  • Le premier (cette page) prend l'allure d'une promenade dans Paris, entre socles nus et exposition de sculptures; et petit à petit le promeneur en vient à s'interroger sur la nature des hommages sculptés, leur évolution au fil des siècles, leur pertinence, leur résistance aux méfaits des animaux (et de leur espèce la plus élevée, les humains)... 
  • Le second, plus classiquement, présente quelques morceaux choisis de la vie scientifique, politique, et de la vie.... tout court, de François Arago.

Pour qu'Arago soit un peu plus dans les mémoires... qu'un simple boulevard.

portrait par C. Steuben (1832)
Observatoire de Paris


Paris, début du Troisième Millénaire, en se promenant...

Il était une fois, à Paris, il y a... peut-on dire bien longtemps?  une statue d'Arago, celle qui sert de filgrane à cette page.
Il n'y a plus, à l'orée de l'année 2017, et depuis plus de 70 ans, que ceci:



Place de l'Ȋle de Sein, Paris (14ème), à l'arrière du Jardin de l'Observatoire

Que s'est-il passé?

Un Contexte d'Ensemble


    Ce qui, hélas, n'est pas arrivé qu'à Arago... elle a été fondue en 1942 pour en récupérer le métal. Occupée par l'Allemagne, la France devait, à partir de 1941, fournir un tribut de métaux non-ferreux. Seul le tonnage était défini par l'occupant, le choix des moyens était laissé à ce que l'on n'oserait pas appeler les bons soins du gouvernement de Vichy. Par une sinistre ironie, c'est sur une place nommée en hommage à l'île dont tous les hommes en âge de se battre rejoignirent les premiers le général De Gaulle pour refuser la fatalité, que ce socle aura été longtemps laissé vide...

Certes, au début, la quête de métal avait pris l'allure d'un appel à contribution volontaire, sous d'étranges couleurs de patriotisme: sauver l'agriculture, sauver l'industrie du pays...

Mais personne n'était dupe: le seul but était de fournir de quoi augmenter la production allemande de munitions. Du coup, l'enthousiasme à participer n'avait rien à voir avec l'abnégation sans hésitation des Anglais, cédant leurs batteries de cuisine en aluminium pour en faire des Spitfire.

La France du maréchal Pétain accordant une priorité au sabre et au goupillon, on épargna en priorité les cloches des églises, et les statues... de maréchaux, surtout! Les représentations d'hommes de lettres ou de sciences ne pesèrent guère dans la balance des hésitations... seul leur strict poids de métal dans les quantités à fournir. De manière générale, ce fut l'occasion d'une peu glorieuse épuration idéologique.


pour l'agriculture
 pour l'industrie

    À Paris disparurent ainsi une centaine de monuments; une liste et des illustrations sont à consulter ici.
Parmi les Mathématiciens/Physiciens, aux côtés d'Arago peuvent s'inscrire Poisson à Pithiviers, et Fourier à Auxerre.
Pour éviter que la mesure fût trop impopulaire, l'État Français avait promis le remplacement par des monuments de pierre. La IVème République souhaitait sincèrement tenir cet engagement, mais céda bien vite devant l'incidence financière et les priorités de reconstruction. Une statue (peut-être la seule) a été
 restaurée à l'identique, celle de Condorcet sur le quai Conti, en encore fort tardivement (1991): les moules en avaient été conservés. Quelques rares  monuments furent remplacés par une nouvelle œuvre ; cela est arrivé, à Paris, au socialiste utopique Charles Fourier -qu'on se gardera de confondre avec le mathématicien, d'autant plus qu'ils vécurent à la même époque.

    Un petit film documentaire, Trou(s) de Mémoire, évoque divers exemples -dont, brièvement, Arago!-, la question du remplacement et de sa pertinence: 20' de réflexion générale, qui peuvent être efficaces pour un premier tour d'horizon sur la question. Il méritera sans doute d'être élargi: son point de vue uniquement français (et même parisien!) semble condamner un peu vite la représentation contemporaine des "grands hommes" au nom de l'excès de "statuomanie" du XIXème siècle. Or, c'est précisément le contraire qui se produit, avec des représentations récentes, en Europe comme aux USA, d'EinsteinShannon, Rejewski, Turing, Darwin, Tesla... (les liens conduisent à celles visibles dans nos pages)

Parenthèse I: Charles Fourier à Paris, un Exemple de Remplacement

Une première tentative, plutôt insolite, eut lieu en 1969: un "commando d'une vingtaine de jeunes gens", dixit Le Monde, se réclamant de l'Internationale Situationiste, installèrent en un petit quart d'heure une réplique en plâtre de la statue initiale, et eurent l'humour malicieux ou l'intolérable insolence -ici, les avis semblent diverger...- d'y adjoindre une plaque où l'on pouvait lire: « En hommage à Charles Fourier, les barricadiers de la rue Guy-Lussac ». Force devant rester à l'autorité, 24h plus tard, 30 gardiens de la paix et une grue réussirent à remettre le socle à nu. Quant à l'œuvre d'art éphémère, personne ne sait ce qu'il en advint.
Ce qui fut suivi de 38 ans de Jours Tranquilles à... (enfin, au Boulevard de) Clichy. Après une nouvelle intervention "sauvage" en 2007, la Mairie de Paris lança un concours, remporté par l'artiste Franck Scurti: il fait référence à la Quatrième Pomme de Fourier, une métaphore économique du philosophe qui n'a rien perdu, bien au contraire, ni de sa pertinence, ni de son acuité, en nos temps de mondialisation.




avant 1941 depuis 2011 (photos du Mathouriste en 2016)

Hélas... ni panneau d'information pour le passant (Paris a pourtant eu la pertinence de se parsemer de petits écus de métal, présentant ses monuments remarquables), ni trace d'entretien récent; saleté, inscriptions illisibles, tout concourt à nuire gravement au respect qui devrait être de mise. Au mieux, l'indifférence; au pire, la moquerie, assortie de quelque lourde et définitive sentence sur l'art contemporain.
Ou... comment torpiller une idée originale (qu'on peut aimer ou non, bien sûr). Mais qu'est-ce donc qu'on n'aime pas pour justiifer pareille négligence? Le Socialisme? L'Utopie? Ou les deux réunis???

 

Le Cas Arago



Mais revenons à Arago.

    Sa statue parisienne était l'œuvre d'un sculpteur de Saillagouse, Alexandre Oliva (1823-1890), dont cette page -à qui nous empruntons la carte postale ancienne- montre quelques réalisations. Un deuxième moulage avait été érigé à Estagel, village natale de François Arago. Les habitants tentèrent d'ailleurs de la soustraire à la réquisition des métaux, en la cachant dans une grotte, sans succès; cependant, Estagel eut plus de chance que Paris: une nouvelle statue, travail de Marcel Homs y fut inaugurée le 31 août 1957.
 
la statue d'Oliva,
place  de l'Ȋle de Sein
la statue d'Homs à Estagel
(source: Wikipedia)

    En 1989, confrontée à une demande associative "forte" pour qu'un nouveau monument prenne place sur le socle, place de l'Ȋle de Sein
, la Mairie de Paris en confie la réalisation à l'artiste néerlandais Jan Dibbets , il est achevé et inauguré en 1994. Celui-ci propose (impose?) de matérialiser la ligne invisible du méridien de Paris, sur laquelle est centré l'Observatoire, par l'alignement de 135 médaillons en bronze, de 12 centimètres de diamètre chacun, ne comportant que le nom du savant et l'orientation Nord-Sud, sur le tracé virtuel intra muros du méridien: "monument imaginaire réalisé sur le tracé d'une ligne imaginaire", selon son auteur. Qui ajoute: "Il serait vain de redonner au socle la fonction de piédestal qu'il avait au XIXe siècle en le surmontant à nouveau d'une statue. Le socle sans statue a indéniablement quelque chose d'énigmatique. Je suggère de le laisser tel quel."


un des 135 médaillons de Jan Dibbets
sur le méridien,  bissectant exactement la porte Sud de l'Observatoire!
 Le seul médaillon vertical, et l'nscription à la base du socle,
 dont la "réappropriation" par Jan Dibbets

    On pourra les "parcourir", si on le souhaite, grâce à des sites web dédiés, par exemple celui-ci.
Entre art conceptuel (la volonté d'interpeler le passant est certes louable, mais il serait sain de lui adjoindre une deuxième interrogation: le but est-il atteint?) et land art (mais qui peut appréhender l'œuvre dans sa totalité? Il faudrait être si haut que les médaillons ne seraient plus visibles!), cette réalisation très mode a subi le sort des objets à la mode: elle s'est rapidement démodée. Même plus de réactions hostiles, pire: une banale indifférence, également liée à un "effacement" progressif... Car surtout, en dépit des promesses, une dégradation rapide par manque d'entretien (disparitions à l'occasion de travaux, etc...). On retrouve ici le problème rencontré pour le cas de Charles Fourier: pense-t-on, oui ou non, à créer des monuments pérennes, des monuments pour demain, pour ses enfants, ses petits enfants? "L'exception culturelle française" ne sort pas ici victorieuse de la comparaison avec les exemples d'autres pays cités plus haut.

"Dans les premiers temps, explique Jan Dibbets dans la présentation de son projet, la vue de l'un des médaillons d'Arago ne retiendra pas spécialement l'attention des passants, mais lorsqu'ils auront remarqué à plusieurs reprises la présence d'un tel médaillon en d'autres endroits, ils commenceront à se demander ce qu'ils signifient. Et au bout d'un certain temps, ils deviendront conscients de l'existence du méridien imaginaire qui traverse la ville de Paris, ils feront le rapprochement avec l'Observatoire et le socle nu et finalement, ils prendront conscience - du moins les plus curieux d'entre eux - de l'héritage spirituel que leur a laissé Arago." 


Paris, Troisième Millénaire...et un Nouveau Projet!

Premier Round

   En 2014, une nouvelle association, Ars Arago, formée autour d'un noyau de polytechniciens -Arago fut un de leurs brillants aînés, relance l'idée d'un  monument moins dispersé, plus lisible, plus évocateur du grand savant, et qui occuperait le socle vide. Pas au lieu de la méridienne de Dibbets, mais en complément. Elle lance un appel à projets, en reçoit 15, sous forme de dessins, et opère une première sélection de 5.

    Que se passa-t-il lors de la réunion du comité de sélection? Le Mathouriste
 ne le sait pas, et n'a pas à le savoir: comme pour un prix littéraire, le principe est de ne pas diffuser les délibérations à l'extérieur. Ce qui est sûr, c'est que plusieurs membres quittèrent immédiatement le jury, et qu'au delà de quelques portes qui claquent, une remise en cause plus grave vint de Jan Dibbets. Arguant d'un droit moral sur le socle (parce qu'intégré à sa réalisation), il décida de s'opposer à l'utilisation du socle existant, revenant sur l'accord préalable qu'il avait donné.

    Il avait eu, pour lui-même, plus de chance: mort, Oliva n'avait rien eu à dire sur l'installation de ses macarons; pourtant, en tant que "premier occupant", si l'on ose dire, il devait lui aussi avoir quelques droits moraux... Cette volte-face n'a, en apparence, rien de très fair-play, mais l'interdiction fut confirmée par la Mairie de Paris. Frilosité? Crainte d'un procès? Certitude juridique de le perdre s'il avait lieu? On ne peut bien sûr que poser les questions, et redouter moins des réponses que le silence. Curieux, tout de même, qu'en notre époque où l'on communique sur tout et sur rien, on oublie de le faire quand cela apporterait une information: quiconque a attendu vainement l'annonce du quai de départ d'un train n'y verra pas une coïncidence, mais un signe des temps.


    Mais après tout... l'inconvénient peut tourner à l'avantage: il y a un intérêt historique certain à un socle vide! Il est le témoin le plus éloquent de la destruction, renvoie à l'étude historique des faits, à condition, toujours, qu'on veuille bien fournir un peu d'information à son voisinage...

    Et de trouver un nouveau lieu: une proposition raisonnable, intéressante, est de situer le monument dans le jardin de l'Observatoire, au Sud de celui-ci, séparé du socle ancien par... le boulevard Arago! Mieux: c'est là que la statue d'Oliva devait être installée en 1893; le balancier de l'histoire reviendrait donc à sa position
initiale. L'Observatoire a fait connaître son accord; la Mairie et le Ministère de la Culture (le site est classé) doivent aussi accorder leur feu vert.

    Alors, ce sera là! C'est à dire: exactement sur le méridien, déjà matérialisé par un dallage dans cette partie du jardin.
  

Deuxième Round

Les artistes ont donc été priés de revoir leur projet en conséquence; quelques uns ont choisi de ne pas donner suite. Compte-tenu des conditions nouvelles, les maquettes ont été demandées à tous les participants, et non plus aux 5 présélectionnés. Elles ont été exposées à la Galerie Artcurial, du 18/11/2016 au 21/11/2016, et vendues aux enchères le 21/11/2016.





Entrée de l'exposition, Galerie Artcurial (Paris). Au fond, à gauche, l'autre salle  Salle principale, mur gauche; derrière le panneau,  l'autre salle deuxième salle

    Impressions du visiteur: une qualité de soin dans la présentation, suffisamment évidente sur les images pour qu'on n'insiste pas. Mais surtout, il convient d'insister sur l'intérêt de cette initiative pour le choix (personnel pour l'amateur curieux, et, on l'espère quand-même un peu aussi, pour celui du comité de sélection). Le Mathouriste avoue bien volontiers avoir réévalué certains modèles et vu sa sympathie baisser pour d'autres; tant pis si cette réflexion n'a rien de très original, mais il y a loin de l'idée qu'on peut se faire, d'un croquis en deux dimensions à l'exploration spatiale rendue possible par une maquette en trois dimensions, en prenant le temps (et c'est encore mieux si on prend le plaisir) de tourner autour. Surtout quand on fait connaissance avec l'artiste en même temps qu'avec l'œuvre.
   
Ars Arago avait fort bien préparé le terrain, d'une part en publiant sur son site Internet les croquis, puis les photos des maquettes (on voit du même coup quels artistes ont abandonné entre les deux tours); d'autre part en réalisant une vidéo de présentation où chacun des candidats s'exprime pour présenter sa vision d'Arago et défendre son projet. Ce film est disponible en ligne, et il était projeté dans la salle d'exposition. Le catalogue est également accessible en ligne.

    Le Mathouriste , pour sa part, vous fera voir de plus près chaque maquette en regard d'une activité d'Arago qu'elle souligne particulièrement. Afin de vous proposer un regard différent (assumant pleinement sa subjectivité), car faire une page Ars Arago-bis n'aurait aucun intérêt. Un peu de patience, ce sera dans la page suivante, dédiée à un aperçu de sa biographie scientifique. Terminons d'abord notre coup d'œil circulaire dans les salons d'Artcurial...



  



Avant de quitter l'exposition, un regard sur le livre d'or, où 
Hubert Lévy-Lambert, président d'Ars Arago,  a comme il se doit signé le premier en remerciant les artistes et la galerie pour leur travail respectif.



Et rendons nous à la vente aux enchères qui clôturait l'exposition. Une soirée que mentionnera la presse du lendemain... mais parce qu'on y vendait une heure plus tard une partie de'escalier hélicoïdal d'origine de la tour Eiffel! Les caméras se sont précipitées dans la salle, mais par pour François Arago...

   
Début de la vente... ... et vedette de la soirée!


And the Winner is...

    Wim Delvoye, dont l'idée se résume simplement: prendre le monument d'Oliva, et lui appliquer une torsion hélicoïdale.
Ce qu'il a dû pouvoir réaliser en 2 ou 3 clics (au grand maximum) d'un logiciel de dessin dans la phase de présentation
initiale. Au moins, si l'on n'est pas sélectionné, il n'y a pas à regretter le temps perdu à peaufiner le projet! Mais soyons juste: en maquette, la chose a meilleure allure.



sa maquette à l'exposition   Hélicoïde, surface mathématique en plâtre (IHP, Paris)

    On a vu des sculpteurs plus inspirés par les surfaces mathématiques (si vous n'y avez jamais prêté attention, sautez sur l'occasion: allez voir Hepworth et Moore, ainsi que Pevsner, sur nos pages dédiées aux surfaces développables), mais il y a plus gênant: Delvoye a déjà fait la même chose à Roubaix avec un discobole, et exposé des torsions du même genre au Louvre (Paris),  au musée Pouchkine (Moscou)...
Signature, diront ses supporters; procédé, rétorqueront ses détracteurs. La frontière n'est pas toujours aisée à tracer, et chacun met la sienne propre à une place différente de celle de ses voisins... voire de ses amis! (Que l'on pense au cas Buren)


Parenthèse II: Que Faire pour un Monument Commémoratif au XXIème siècle ?

Par ailleurs,ce projet pose un problème important: qu'évoque-t-il d'Arago? Ni le savant, ni le politique, ni l'humaniste... il évoque un monument qui évoquait Arago! Il faut être honnête:
  1. Parmi les divers candidats, il était loin d'être le seul... Certes, dans les déclarations de la vidéo, chacun affirme une référence forte à Arago. Sans douter le moins du monde de leur sincérité, se sont-ils demandé si le passant serait en mesure de saisir le message?
  2. La question s'adresse à beaucoup plus que la quinzaine de candidats. Et en tout premier lieu à Jan Dibbets; lui aussi fait des déclarations de principe fortes, qu'on approuve sans réserves; mais se traduisent-elles vraiment dans le concret, dans le vécu des passants? Ensuite, peut-être aussi à Franck Scruti pour sa Quatrième Pomme qui évoque fortement son travail, tout en faisant disparaître, en quelque sorte, l'homme Charles Fourier? Soulignons bien, encore une fois, qu'aucun des artistes ne saurait être tenu pour responsable des négligences municipales, régionals ou nationales affectant l'entretien et la présentation de leur travail. Sen soucient-ils? L'expérience montrent qu'ils devraient...
  3. Plus généralement, qu'est ce qu'un monument d'hommage au début du troisième millénaire? Il est évident qu'il ne doit pas s'enfermer dans les codes, rebattus jusqu'à l'usure, du XIXème siècle -voire du XXème !- mais comment renouveler le genre tout en marquant le respect et en assurant la lisibilité? La réponse ne peut être unique, la liberté des artistes doit être garantie... peut-on imaginer une éthique des monuments publics, une éthique audacieuse pour des monuments audacieux?
Voici deux exemples récents... et très différents (tant mieux!)
L. Graziani, Monument à Pythagore, 1994
Crotone (Italie) 
S. Kettle, Alan Turing (& la machine Enigma),
 Bletchley Park (Angleterre)



Noter que le monument à Pythagore (nous vous en reparlerons) est documenté de façon assez détaillé, et composé de plusieurs pièces (voir la représentation des sphères célestes, à l'arrière plan), et celui à Turing, bien scénarisé par le poster géant montrant, derrière lui, une armée de déchiffreurs à leur machine...
 


    Le Mathouriste voit surtout, dans le résultat des délibérations, le choix mondain d'un artiste à la mode... tiens, tiens, ça ne rappellerait pas Jan Dibbets 1994? Autrement dit: n'aurait-on pas choisi un nom, plutôt qu'une œuvre? Sa notoriété de star internationale est très nettement supérieure à celle des autres candidats; mais ce serait une bien mauvaise raison pour snober ceux qui l'ont choisi. Et pourtant! Avant même que le choix du jury ne soit fait, sa maquette était retirée de la vente aux enchères, il n'a daigné ni s'exprimer dans le film, ni honorer de sa présence le vernissage...

    L'Observatoire a donné son accord pour l'implantation au lieu prévu: ayant accepté le principe de la souveraineté du jury, il en accepte le choix. Le dossier est donc maintenant entre les mains de la Mairie de Paris et du Ministère de la Culture, pour une inauguration prévue le 7 Juin 2017, date anniversaire de l'intronisation de François Arago comme secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences (7 Juin 1830).

Références

à retrouver dans la page suivante!
Aller à Arago, Fragments de Vie, Fragments de Science


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