| Même
si vous n'êtes féru ni de mathématiques, ni d'astronomie, vous ne
regretterez pas de consacrer, lors d'un séjour londonien, une journés à Greenwich... car vous ferez des découvertes aussi variées qu'intéressantes! Commençons donc par ce volet touristique. Le
Mathouriste vous conseille, pour commencer, la meilleure façon de s'y rendre: choisissez (si possible) une belle journée d'hiver (sa photo ci-contre a été prise à la mi-janvier). Pourquoi l'hiver,
direz-vous? Parce qu'il y aura une petite surprise en bonus... un peu
de patience, nous vous la révélerons en temps utile). Et choisissez la voie fluviale pour faire le trajet,
grâce aux fréquentes navettes, dont vous trouverez facilement les
arrêts: ici, par exemple, près de Big Ben et Westminster. Vous jouirez
ainsi de la vue de Londres depuis la Tamise, loin du bruit et de la
pollution des routes.
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Et, à l'arrivée, le mythique clipper Cutty Sark vous
accueillera en majesté, comme posé sur une mer de verre... un
autre thème de visite passionnante pour petits et grands (Musée
depuis 1954, inscrit au Patrimoiine Mondial de l'UNESCO en 1997). Avant
ou après
l'Observatoire? Faites selon vos goûts...
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![]() in Encyclopædia Britannica 1911,
repris sur Wikipedia |
| Le prototype H1... |
... présenté en fonctionnement! . |
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À gauche, leprototype H2... .. |
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| ...à droite, H3 | ||||
John, Harrison, par Thomas King (1767) |
"L'horloger
anglais John Harrison, un génie mécanique qui inaugura la science de la
mesure de précision et portable fu temps, consacra sa vie à ce
problème. Il réussit ce que Newton avait craint impossible: l'invention
d'une horloge qui donnerait le temps véritable depuis le port
d'attache, comme une flamme éternelle, et jusqu'à n'importe quel coin
reculé du monde.
[...] Sans éducation formelle, ni quelconque formation d'horloger, [il] construisii néanmoins une série f'horloges virtuellement libres de frottement, qui ne requéraient ni graissage, ni nettoyage, qui étaient faits de matériaux inoxydables et dont les parties mobiles demeuraient parfaitement équilibrées les unes par rapport aux autres, quelles que fussent les les inclinaisons ou les secousses qu' on leur infligeât." Dava SOBEL, Longitude (Points Sciences)
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Dalle souvenir à Westminster Abbey | ||
| "Le
22 Septembre Challis m'écrivit pour me dire que M. Adams me confierait
ses résultats sur l'explication des inégalités d'Uranus, par l'action
d'une planète extérieure. En Octobre, Adams m'a rendu visite, en mon
absence. Le 5 Novembre, je lui ai écrit pour lui demander si sa théorie
expliquait l'irrégularité du rayon-vecteur (aussi bien que celle de la
longitude). J'ai en vain attendu une réponse." G.B. AIRY, Autobiography, 1845
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| Médaillon en souvenir d'Adams, découvreur de Neptune (sic), à Westminster Abbey (Londres) Noter qu'il se trouve non loin de Herschel, découvreur d'Uranus: c'est ce qu'on apprend grâce à la plaque commémorative de James Joule, sur le côté gauche.
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Le Verrier, devant l'Observatoire de Paris | |
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"Après
avoir obtenu plusieurs solutions différant peu les unes des autres, en
prenant graduellement en compte de plus en plus de termes des séries
qui expriment les perturbations, je communiquais au Professeur Challis,
en Septembre 1845, les dernières valeurs que j'avais obtenues pour la
masse, la longitude héliocentrique et les éléments de l'orbite de la
planète supposée. Je communiquais le mois suivant, les mêmes éléments,
légèrement corrigés, à l'Astronome Royal. [...]Le résultat [de
nouvelles corrections] dont j'ai informé Mr Airy en Septembre de cette
année, apparurent plus satisfaisantes que les précédentes [....]
En Novembre 1845, M. Le Verrier présenta à l'Académie Royale des Sciences une investigation très complète, très élaborée de la Théorie d'Uranus, perturbée sous les actions de Jupiter et Saturne, mettant en lumière des inégalités jusqu'ici négligées; et en Juin de cette année, il la fit suivre d'un mémoire dans lequel il attribuait les perturbations résiduelles à l'action d'une autre planète, à un éloignement du Soleil deux fois plus grand que celui d'Uranus. Il trouva pour la nouvelle planète une longitude trèx voisine de celle que j'avais obtenu sous la même hypothèse. Le 31 Aiût, il présenta à l'Académie une recherche plus complète, dans laquelle il déterminait la masse et les éléments de l'orbite de la nouvelle planète, ainsi que des bornes pour la distance moyenne et la longitude héliocentrique. Je mentionne ces dates dans le seul but de montrer que mes résultats avaient été obtenus indépendamment et antérieurement à la publication de M. Le Verrier, sans l'intention de lui disputer sa juste revendication des honneurs de la découverte; car il n'y a aucun doute que ses recherches ont été publiées les premières, et ont conduit à la découverte de la planète par le Dr Galle; et donc les faits énoncés ci-dessus ne peuvent en aucune manière diminuer le crédit dû à M. Le Verrier." J.C. ADAMS, Sur les Perturbations d'Uranus, 13/11/1846
in Appendices to various Nautical Almanacs between the years 1834 and 1854 |
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"Le
sujet qui a accaparé l'attention cette année fut la découverte de
Neptune. Comme je l'ai dit (cf 1845), je n'ai obtenu aucune réponse
d'Adams à ma demande de précisions. Le 26 Juin, j'ai entamé une
correspondance d'un caractère satisfaisant avec
M. Le Verrier, qui avait entrepris d'étudier les perturbations
d'Uranus, et qui était parvenu à des conclusions peu différentes de
celles d'Adams. J'écrivis le 9 Juillet à Challis, le priant, puisqu'il
dispose du télescope le plus puissant en Angleterre, de balayer
l'espace à la recherche de la planète; je suggérais un plan. Je reçus
l'information de sa découvete par Galle, pendant que je visitais Hansen
à Gotha. Pour la suite de l'histoire officielle, voir mes
communications à la Royal Astronomy Society, et pour mon histoire
privée, les papiers de l'Observatoire Royal. J'ai été férocement
injurié, tant par les Anglais que par les Français."
G.B. AIRY, Autobiography, chapter:1846
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Caricature de Cham dans L'Illustration: Adams découvre Neptune... en observant à la lunette la publication de Le Verrier, par dessus la Manche! | Caricature d'Airy dans Vanity Fair
( source: Wikipedia ) |
L'entrée sur la rue
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La Grande Cour; de gauche à droite: la tour de l'horloge, la chapelle, la fontaine et le portail d'entrée |
le bâtiment joignant la chapelle au portail abrita l'appartement et les laboratoires de Newton. Il donnait sur un jardin, séparé de la rue par un haut mur. |
| Pour ceux que les formules n'effraient pas... (niveau L1-L2, sinon, on peut sauter ce cadre) Elle
a une forme explicite... relativement compliquée, puisqu'il s'agit
d'une intégrale fonction d'un paramètre (la variable d'intégration,t,signale
juste que l'on somme cete fonction de t, elle n'apparaît donc pas dans
le résultat. Par contre, la fonction sommée n'est pas la même si, par
exemple, x=2 ou x=3, donc le résultat de l'intégration dépend de x.
Elle vérifie une équation différentielle très simple, mais très intéressante, l'équation d'Airy (évidemment!) y" = xy
On peut le vérifier formellement, par dérivation sous le signe intégrale. Attention cependant, la justification précise est un peu plus délicate, car l'intégrale est prise au sens impropre, ce qui empêche d'appliquer le théorème usuel de dérivation dominée. Enfin, il est vivement conseillé, pour alléger le calcul, de travailler avec la forme associée en exponentielle complexe! À partir de cette équation différentielle, on obtient facilement le développement en série entière de Ai. La seconde fonction tracée, Bi, forme avec Ai une base de l'espace des solutions, de dimension 2 (résultat classique, l'équation étant normaliséee). Vous trouverez sa forme explicite en intégrale dans la page Wikipedia: fonction d'Airy, ainsi que plein d'autres informations sur ces fonctions. Leurs aoolications ne se limitent pas à lOptique; elles interviennent aussi en Mécanique Quantique. En quoi est-elle emblématique des équations linéaires du second ordre? Voici quatre équations différentielles linéaires du second ordre, "ressemblantes" à première vue, en ce sens que les coefficients qui affectent la fonction inconnue n'ont rien de "sauvage". Elles ont pourtant un rapport bien différent au cours d'Analyse!
En effet, connaissant les fonctions élémentaires "de la calculette" (puissances, exponentielle et logarithme notamment), on trouve immédiatement les solutions de (1) (à coefficients constants) et de (3), qui s'y ramène (type d'Euler, ou recherche des solutions de type puissance). Rien de tel avec (4), celle d'Airy: le répertoire existant ne suffit plus, il faut de nouvelles fonctions! Mais si on est pas arrivé devant elle sans aucune information préalable, un théorème d'existence et d'unicité nous affirme qu'elle possède des solutions, et plus précisément que le problème de Cauchy en x0 y" = xy ; y (x0) = u , y' (x0) = v
ou plus généralement, a et b étant des fonctions continuesy" = a(x) y' + b(x) y ; y (x0) = u , y' (x0) = v
a, pour u et v donnés, une solution unique sur l'intervalle réel.
C'est un résultat puissant, puisqu'il permet, entre autres, de démontrer que l'ensemble des solutions est un espace vectoriel de dimension 2,
dont une base est formée par les deux solutions associées
respectivement aux valeurs initiales (1,0) et (0,1). Et toujours
sans aucune expression explicite de ces solutions.
Cela s'applique à (4) pour les solutions sur ]-∞ , +∞[, mais, attention, seulement sur ]0 , +∞[ (ou aussi bien ]-∞ , 0[) dans le cas de (2): hors des hypothèses du théorème, on ne vous garantit plus rien! En quoi le programme actuel de Première et Terminale S tient-il sur du sabotage intellectuel sur l'exponentielle et le logarithme? [nous répétons ici, qu'on nous en pardonne, quelques arguments que nous avons plus longuement développés dans notre page Tsiolkovsky et le Logarithme. C'est que la question nous tient à cœur] Un tel résultat ne se démontre qu'avec des connaissances nettement plus approfondies que de simples calculs avec des formules. (Niveau Bac +2/+3). La résolution des équations d'ordre deux se situe donc à un échelon franchement supérieur à celles du premier ordre. Aussi, lorsqu'on voit le programme de première et terminale actuel, prenant pour définition de l'exponentielle un théorème d'existence et d'unicité admis pour le premier ordre
on est perplexe: quelle mouche a piqué les concepteurs du programme? Rien à redire sur la correction mathématique, bien évidemment, mais elle a trois défauts majeurs:
Si on aplatit tout, si on perd la vision de ce changement de niveau -et la définition actuelle nous paraît y conduire- on perd beaucoup dans l'apprentissage des mathématiques. Bien entendu, ceci est un avis personnel du Mathouriste, évidemment ouvert au débat si quelque auteur de ce programme, membre de commission, thuriféraire ardent découvre ces lignes et... souhaite défendre ce point de vue. De ceux à qui il a été imposé, il n'a encore rencontré personne qui ait envie de plaider cette cause; et il a essayé, en vain, de savoir qui avait lancé cette idée! Des pédagogues? Des didacticiens? |