Repères ... GALILÉENS



Buste de Galilée
Musée Galilée (Florence)


Galilée, mathématicien? Nous le considérons sans doute davantage, aujourd'hui, comme un physicien. Mais ce serait oublier qu'il exerça très officiellement les fonctions de professeur de Mathématiques et d'Astronomie à Padoue, et qu'il fut l'un des premiers, pour ne pas dire LE premier, à faire sortir la Physique de la seule description qualitative des phénomènes pour la mathématiser. En douterait-on, il suffirait de lire les quelques célèbres lignes dans lesquelles il énonce ce principe (ci-dessous)  ou de regarder le titre de son dernier ouvrage (ci-contre).

Donc, Galilée dans nos pages... parce qu'il le vaut bien!
Et, pour l'intérêt littéraire, en compagnie d'extraits choisis de la célèbre pièce de théâtre de Bertolt Brecht, La Vie de Galilée (1939-1954).

 
Discours sur deux Sciences Nouvelles (1638)
" La philosophie (1)  est écrite dans ce très grand livre, toujours ouvert devant nos yeux, je veux dire l'Univers, mais on ne peut le comprendre si l'on ne s'applique d'abord à se familiariser avec sa langue et à connaître les caractères avec lesquels il est écrit. Il est écrit dans la langue mathématique et ses caractères sont des triangles, des cercles et autres figures géométriques, sans le moyen desquels il est humainement impossible d'en comprendre un mot."
Galileo Galilei, Il Saggiatore (1623)

1. sous entendu: [naturelle], c'est à dire la physique, selon la dénomination de l'époque; ce sera encore celle de Newton, pour son célèbre traité: Principes Mathématiques de la Philosophie Naturelle (1687)

Pise, les Premiers Pas

C'est dans cette ville qu'il est né (le 15/02/1564), quoiqu'issu d'une famille florentine. Sa maison natale est toujours là; et bien signalée. Mieux, il nous observe de la fenêtre, au deuxième étage!



Dans un premier temps, il reçoit son éducation dans le cadre familial, puis poursuit brièvement dans un couvent lorsque la famille retourne à Florence; il a alors 10 ans. En 1581, il retourne à Pise étudier la médecine, dont il se détourne assez vite au profit des mathématiques.
Cest là qu'il se révèle aussi physicien expérimentateur, dans le somptueux décor de la cathédrale... du moins si l'on en croît son élève et biographe enthousiaste, Vincenzo Viviani. Qui a peut-être quelque peu enjolivé les faits pour transformer l'histoire en légende... il ne serait ni le premier ni le dernier à agir de la sorte, mais, dûment avertis, abandonnons nous à la légende!
 



Cathédrale de Pise et son célèbre campanile,
sous le feu du soleil couchant
Tito Lessi, Galileo & Viviani,1892
Musée Galileo, Florence
Pietro Stoppioni, Portrait de  Viviani, 1806
         Musée Galileo, Florence
La Banque d'Italie ne s'y était d'ailleurs  pas trompé,  en choisissant, avant le Mathouriste, le même angle de vue pour  le monument...

     
Source: site de philatémie mathématique de Jeff Miller


En 1583, Galilée s'ennuie lors d'une messe un peu longue, et lève les yeux vers le lustre, qui oscille doucement, pendu au bout d'une longue chaîne. Il n'a qu'un chronomèttre de fortune: son propre pouls! Heureusement, celui-ci ne s'accélère pas sous l'émotion de sa découverte: la période du mouvement ne paraît pas dépendre de l'amplitude de l'oscillation! 






Rentré chez lui, il se hâte de réaliser des expériences. En bon expérimetateur, il essaie de multiples situations, mais en ne faisant varier qu'un seul paramètre à la fois!
- D'abord, utiliser diverses masses suspendues à un même fil de longueur fixe: la période ne varie pas, elle est donc indépendante de la ùasse!
- Ensuite, essayer des fils de longueurs différentes. Cette fois, la période varie, mais pas en proportion directe de la longueur: le pendule oscille deux fois plus vite lorsque le fil est quatre fois plus court!
Ces deux expériences, vous pouvez les visualiser dans cette vidéo.




Galilée observant les oscillations du lustre.
(peinture de Luigi Sabatelli), La Tribune de Galilée,
Museo La Specola, Florence


 

Isochrones, les oscillations? Indépendantes de l'amplitude d'écartement initial de la masse? Pas exactement! Cela ne tient que dans le cadre d'une approximation pour les mouvements de faible amplitude. C'est Huygens qui trouvera une élégante solution géométrique valable dans tous les cas... mais pas si pratique!



 Toujours rapportées par Viviani, le campanile est le théâtre de la fameuse expérience sur la chute des corps, grâce à sa célèbre inclinaison (1590). Celle-ci permet de suivre jusqu'au sol  la chute d'une bille  en terre  et d'un boulet métallique (le point crucial étant que chacun des deux objets n'offre qu'une prise négligeable à la résistance de l'air) lachés simultanément du haut de la tour, sans vitesse initiale. Et de constater qu'ici encore, la masse du corps n'a aucune influence!

Rentré chez lui, de nouveau, place à l'expérience, mais avec des plans inclinés.  


Galilée fait aux Médicis une démonstration des lois de la gravité avec des plans inclinés.
Peinture de Guiseppe Bezzioli pour La Tribune de Galilée, Museo La Specola, Florence

Ci-contre, dispositif de mise en évidence expérimentale des espaces parcourus par une bille sur un plan incliné
(Musée Galileo, Florence)
Chaque passage sous un arceau déclenche une sonnette; on positionne les arceaux pour obtenir l'égalité des intervalles de temps: 1" entre deux arceaux, par exemple.
Ce dispositif provient d'un cabinet de physique (fin du XIXème siècle, probablement); pas sûr que Galiléeen  ait construit un aussi perfectionné!






Recherche de la loi: 1604
1589 devient prof à l'Université de Pise, nommé par le grand duc de Toscane Cosme II, discours inaugural le 12/11/89

De Padoue à Florence

En 1592, le Sénat de Venise lui offre la chaire de mathématiques de la prestigieuse université de Padoue.     
En 1597, Compas Géométrique & Militaire..........



Lunette de Galilée
Musée Galileo, Florence

LUDOVICO - [...] Prenez par exemple ce drôle de tube qu'ils vendent à Amsterdam.
Je l'ai bien examiné. Un étui en cuir vert et deux lentilles, une comme ça [concave], une comme ça [convexe] .J'entends dire que l'une agrandit et que l'autre rapetisse. Tout homme raisonnable penserait qu'elles se compensent. Faux. On voit tout cinq fois plus grand à travers cet objet.
GALILÉE -
Qu'est-ce qu'on voit cinq fois plus grand ?
LUDOVICO -  Des clochers, des pigeons; tout ce qui est loin.
GALILÉE - Avez-vous vu vous-même de ces clochers agrandis ?
LUDOVICO -  Oui, Monsieur Galilée.
GALILÉE - Et le tube avait deux lentilles? [Il trace une esquisse sur une feuille.] Ḉa ressemblait à cela? [Ludovico acquiesce] De quand date l'invention?
LUDOVICO - Je crois qu'elle n'avait pas plus de quelques jours quand j'ai quitté la Hollande, en tout cas elle n'était pas depuis plus longtemps sur le marché.

 Bertolt BRECHT, la Vie de Galilée, Tableau 1


GALILÉE - Votre Excellence, éminente Signoria! En tant que proesseur de mathématiques à votre université de Padoue et directeur de votre grand arsenal, ici à Venise, j'ai toujours considéré qu'il était de mon devoir, non seulement de satisfaire à ma haute charge professorale, mais enncore de procurer par des inventions utiles des avantages exceptionnels à la République de Venise. Avec une joie profonde et toute l'humilité  qui vous est due, je puis aujourd'hui vous présenter et vous remettre un instrument absolument nouveau, ma lunette ou télescope, fabriqué selon les plus hauts principes scientifiques et chrétiens, dans vote grand arsenal célèbre dans le monde entier, fruit de la recherche patiente de dix-sept années de votre humble serviteur. ,  
LE CURATEUR - Votre Excellence, éminente Signoria! Une fois de plus, une page glorieuse deu grand livre des arts se couvre de caractères vénitiens. [...] Et avez-vous songé qu'au moyen de cet instrument nous pourrons en temps de guerrre reconnaître le nombre et le genre des bateaux de l'ennemi deux bonnes heures avant qu'il ne puisse le faire des nôtres, et qu'ainsi nous pourrons, sachant sa force, nous décider à le poursuivre, le combattre, ou le fuir?

[........................]
LUDOVICO, gêné - Félicitations, monsieur.
GALILÉE - Je l'ai améliorée.
LUDOVICO - Certainement,  monsieur. J'ai vu que vous avez fait l'étui rouge. En Hollande, il était vert.
 Bertolt BRECHT, la Vie de Galilée, Tableau 2


Galilée présente sa lunette au Sénat de Venise.
 (peinture de Luigi Sabatelli)

La Tribune de Galilée, Museo La Specola, Florence



Source: site de philatémie mathématique de Jeff Miller


GALILÉE - Je ne peux pas te promettre que je supporterai jusqu'au bout ce carnaval. Ces gens-là s'imaginent avoir reçu un joujou qui va leur rapporter mais c'est bien davantage. La nuit dernière j'ai pointé cette lunette en direction de la lune.
SAGREDO - Et qu'as-tu vu?
GALILÉE - Elle ne brille pas par elle-même.
[...]
 
SAGREDO - Mais cela contredit deux mille ans d'astronomie!
GALILÉE - Exactement. Ce que tu vois, aucun homme encore ne l'a vu, excepté moi. Tu es le second.
SAGREDO - Mais la lune ne peut pas être une terre avec des montagnes et des vallées, pas plus que la terre ne peut être une étoile.
GALILÉE - La lune peut être une terre avec des montagnes et des vallées, et la terre peut être une étoile. Un corps céleste ordinaire, un parmi des milliers.

[...]
SAGREDO - Ainsi, il n'y aurait pas de différence entre la lune et la terre?
GALILÉE - Apparemment pas.
SAGREDO - Il n'y a pas dix ans qu'un homme a été brûlé à Rome. Il s'appelait Giordano Bruno et il avait précisément soutenu cela.
GALILÉE - Certes. Et nous, nous le voyons. Garde ton œil rivé à la lunette, Sagredo. Ce que tu vois, c'est qu'il ny a pas de différence entre la lune et la terre. Aujourd'hui, dix janvier 1610, l'humanité inscrit dans son journal: ciel aboli.

Bertolt BRECHT, la Vie de Galilée, Tableau 3 Bertolt BRECHT, la Vie de Galilée, Tableau 3
Monument à Giordano Bruno, Campo dei Fiori (Rome). Plaques du socle: le procès, le bûcher


N.B: l'irrégularité de la frontière ombre/lumière à la surface de la lune (voir, sur le timbre, la reproduction d'un dessin de Galilée) lui révèle l'existence de montagnes et de cratères, ce qui, pour commencer, met à mal la doctrine de l'autorité incontestée d'alors, Aristote, pour qui tous les corps célestes sont des sphères parfaites. Mais très vite, il va y avoir plus grave: la preuve qu'il n'y a pas dans le monde un centre unique, la Terre, autour duquel tourne tous les corps célestes. C'est donc le début de la preuve par l'observation de la théorie de Copernic, qui, assez peu diffusée encore, n'a pas fait l'objet dune interdiction.

Car il n'y a pas que la lune à observer à la lunette. Presqu'aussitôt, Galilée pointe l'instrument plus loin, vers Jupiter.. Toutes ces observations seront publiées très rapidement, dans un petit ouvrage, le Messager des Étoiles, le 13 mars 1610.


SAGREDO - Quand bien même la terre serait un corps céleste, on est encore loin des affirmations des Coperniciens soutenant qu'elle tourne autour du soleil. Il n'y a pas d'astre dans le ciel autour duquel un autre astre tourne. [...]
GALILÉE - Sagredo, je m'interroge. Depuis avant-hier, je m'interroge. Voici Jupiter. Il se trouve qu'il y a quatre étoiles plus petites près de lui, qu'on ne voit qu'à l'aide de la lunette. Je les ai vues lundi, mais je n'ai pas pris particulièrement note de leurs positions. Hier, je les ai de nouveau observées. J'aurais pu jurer que les positions des quatre avaient changé. Je les ai notées. Elles ont encore changé. Que se passe-t-il? J'en voyais pourtant quatre. [Agité] Regarde, toi!
SAGREDO - J'en vois trois.
GALILÉE - Où est la quatrième? [...] La quatrième ne peut être allée que derrière Jupiter où on ne la voit pas. Le voilà, ton astre autour duquel aucun ne tourne!
[........................]
SAGREDO - Calme toi! Tu penses trop vite!.
GALILÉE - Comment, vite!  Réveille toi, l'homme! Ce que tu vois, personne encoure ne l'a vu. Ils avaient raison!
SAGREDO - Qui? Les Coperniciens?
GALILÉE - Et l'autre aussi! Le monde entier était contre eux, et ils avaient raison.
[........................]

 
Positions notées (schématiquement)
par Galilée dans le
Sidereus Nuncius (le Messager des Étoiles, 1610)



Positions notées en 1668 par Cassini, avec plus de précision.
(Observatoire de Paris)


SAGREDO - As tu perdu la raison? Ne sais-tu vraiment plus à quoi tu t'exposes si ce que tu vois là est vrai? Et si tu dis sur toutes les places que la terre est un corps céleste et n'est pas le centre de l'univers?
Et où est Dieu, alors?
GALILÉE - Suis-je théologien? Je suis mathématicien.
SAGREDO - Avant tout, tu es un homme. Et je te demande où est Dieu dans ton système du monde?
GALILÉE - En nous et nulle part!
SAGREDO - Comme l'a dit celui qu'on a brûlé?
GALILÉE - Comme l'a dit celui qu'on a brûlé!
 SAGREDO - C'est pourquoi on l'a brûlé! Il n'y a pas six ans de celà!
GALILÉE - Parce qu'il ne pouvait rien prouver! Parce qu'il l'affirmait seulement!
SAGREDO - Galilée, je t'ai toujours connu homme adroit. Dix-sept ans durant à Padoue et trois ans à Pise, tu as enseigné patiemment à des centaines d'élèves  le système de Ptolémée prôné par l'Église et attesté par l'Écriture sur laquelle repose l'Église. Avec Copernic, tu l'as tenu pour faux, mais tu l'as enseigné.
GALILÉE - Parce que je ne pouvais rien prouver.
SAGREDO - Et tu crois que cela fait une différence?
GALILÉE - Toute la différence! Vois, Sagredo, je crois en l'homme, et cela signifie que je crois en sa raison!

SAGREDO - Alors, je vais te dire quelque chose: moi je n'y crois pas. Quarante ans parmi les hommes m'ont enseigné sans cesse qu'ils ne sont pas accessibles à la raison. Montre leur la queue rougeoyante d'une comète, inspire leur une sourde angoisse, et ils sortiront de leurs maisons en courant à se rompre les jambes. Mais dis leur une phrase raisonnable, et prouve la sept fois par la raison, et ils riront tout simplement de toi.
 Bertolt BRECHT, la Vie de Galilée, Tableau 3


Passer par Jupiter va devenir, pour Galilée, le plus court chemin... pour retourner à Florence! Ce qui n'est pourtant pas sans risque, car la République de Venise, dont dépend Padoue, est plus autonome  vis à vis de la Papauté que ne l'est le Duché de Toscane... et le toujours sage Sagredo ne manque pas de le lui rappeler pour conclure ce troisième tableau:


Galilée, "la lunette à la main" ,
par Aristomedo Costoli.
Galerie des Offices, Florence
(extérieur)


VIRGINIA
[Fille de Galiléee] - N'as tu plus rien vu de neuf dans le ciel avec ça?
GALILÉE -
Rien pour toi. Juste quelques petites tâches ternes du côté gauche dune grande étoile. Il va falloir de quelque manière  que j'attire l'attention sur elles. [à Sagredo] Je vais peut-être les baptiser "astres médicéens" du nom du grand duc de Florence. [à Virginia] Cela t'intéressera, Virginia, de savoir que nous allons sans doute déménager à Florence. J'ai écrit une lettre là-bas pour demander si le grand duc pouvait avoir besoin de moi comme mathématicien à la cour.
[........................]
SAGREDO - Ne va pas à Florence, Galilée.
GALILÉE - Pourquoi?
SAGREDO - Parce que les moines y règnent.
GALILÉE - Il y a des savants renommés à la cour de Florence.
SAGREDO - Des laquais.
GALILÉE - Je les prendrai par la peau du cou et je les traînerai devant la lunette. Les moines aussi sont des hommes, Sagredo. Eux aussi succombent à la sédiuction des preuves .Copernic, ne l'oublie pas, exigeait d'eux qu'ils croient en ses chiffres, mais moi, j'exige simplement qu'ils croient en leurs yeux.
SAGREDO - Galilée, je te vois engagé sur un chemin terrible. C'est la nuit du malheur, celle où l'homme voit la vérité. Et l'heure de l'aveuglement, celle où il croit en la raison humaine. [...] Comment les puissants pourraient ils laisser courir en liberté quelqu'un qui sait la vérité, ne serait-ce qu'une vérité touchant les axtres les plus éloignés! Penses tu que le pape entendra ta vérité quand itu dis qu'il se trompe, sans pour autant entendre qu'il se trompe? [...] Comment peux tu vouloir quitter cette République, la vérité dans la poche, pour te jeter dans les pièges des princes et des moines, ta lunette à la main? Toi si méfiant dans ta science, tu es crédule comme un enfant pour tout ce qui te semble faciliter sa pratique. [...] et quand tu disais que tu croyais dans tes preuves, j'ai humé l'odeur de la chair brûlée. J'aime la science, mais toi plus encore, mon ami. Ne va pas à Florence, Galilée.

 Bertolt BRECHT, la Vie de Galilée, Tableau 3

Galilée ne tient pas compte de ce sage conseil, et vient habiter à Florence. Sa maison, dans le quartier de l'Oltrarno, est indiquée par une plaque commémorative, et la troisième du groupe se signale par des fresques et une inscription reprenant les propos du Grand Duc de Toscane Ferdinand  II.









Les Dialogues...

< en travaux! >


Édition présentée à la maison natale de Copernic, à Torun (Pologne)
Au lieu de faire voir les protagonistes en pleine discussion comme l'editio princeps, elle leur a substitué Aristote (à gauche), Ptolémée, au centre, tenant une sphère armilliaire dseon son modèle gépcentrique, et Copernic (à droite),

Les deux modèles côte à côte,  dans l'atlas de Matthaüs Seutter (1734).
Le système "mixte" de Tycho Brahé y apparaît  également.


[exposition Copernic à la Bibliothèque Polonaise de Paris, Mai 2024]







Rome, les Ennuis...


< en travaux! >



















Hommages Posthumes

D'abord, la Sépulture...



Décédé le 8 janvier 1642, Galilée a été inhumé dans la basilique Santa Croce de Florence.

Ferdinand II de Médicis souhaitait lui faire construire une tombe monumentale, mais le Pape -toujours Urbain VIII- et le cardinal Bellarmin s'y opposèrent puisqu'abjuration ou pas, il avait été quasiment convaincu d'hérésie.  

Son fidèle disciple Vincenzo Viviani avait tenté, mais en vain, de vaincre cette résistance; ce n'est qu'après sa mort, en 1737, que le corps de Galilée fut enfin transféré de sa première sépulture au grand mausolée de marbre... qui est en général le seul mentionné par les guides (aux deux sens du mot, autant les livres que les personnes).  






Santa Croce, telle qu'on la voit aujourd'hui,
mais sa façade de marbre ne remonte qu'à 1863
Santa Croce, telle qu'elle était à l'époque de Galilée
Musée de l'œuvre de la basilique

Commençons donc par regarder l'imposant  tombeau de marbre, dans la basilique.






Alors que la "muse" de gauche présente une dfeuille sur laquelle rayonne un soleil -sans doute une allusion aà la découverte des tâches solaires, celle de droite présente une tablette où est gravé un croquis géométrique, figure réalisée dans le cadre de l'étude de la chute des corps. Ainsi, l'allégorie illustre le texte, qui fait de Galilée un géomètre autant quun astronome... sans oublier le philosophe! 


Mais le Mathouriste a réussi à passer quelques brefs instants face à  la première tombe, qui, en principe, n'est pas accessible aux touristes! L'accès à la chapelle des Médicis est libre, et même, un panneau très discret près d'une petite porte, au fond et à gauche, signale que derrière, dans une chambre minuscule  se trouve la sépulture initiale. En voici donc quelque images rares...Approchez, et entrez!






 Sur la vignette ci-dessus, on a fléché en rouge la porte de la pièce, et entouré en vert le texte de présentation. En agrandissant les images par clic, vous verrez la chapelle sans ces repères, et vous pourrez lire le texte, ainsi que le texte figurant sous le buste.   

l'acte de décès

... ensuite, la Tribune...

Il s'agit d'un ensemble commémoratif édifié en 1841 sur ordre du Grand Duc Léopold II (1797-1870), situé au premier étage du musée La Specola (dans l'Oltrarno, à côté du Palais Pitti); à l'origine musée des sciences, il est consacré aujourd'hui à la zoologie et l'histoire naturelle.
Du point de vue architectural, le visiteur rencontrera trois pièces successives: un vestibule où l'on pénètre après avoir monté l'escalier, puis une salle carrée qui, à l'origine, était vouée à l'exposition d'objets liés à l'activité du savant, et enfin la tribune proprement dite, de plan au sol semi-circulaire, qui ferme le tout. Suivons donc le parcours dans son ordre naturel.




Léonard de Vinci vient se présenter à Ludovic Sforza "il Moro"
Fresque de Nicola Cianfianelli


Alessandro Volta fait la démonstration de sa pile au Premier Consul Bonaparte, en 1801; à l'Académie des Sciences de Paris. Fresque de Gasparo Martellani


Pénétrons maintenant dans la salle quadrilatérale (quasiment carrée au sol); déjà, au  fond, apparaît la fameuse tribune... La salle est décorée de macarrons à l'effigie des disciples du maître (Viviani et Cassini étant les deux plus notoires)  et de deux "lunettes"ovales sur les murs latéraux: l'une, à gauche, représente l'expérience de la chute des corps (voir plus haut, à la fin du § Pise) ; l'autre, à droite, une réunion de l'Accademia del Cimento.




Réunion de l'Accademia del Cimento
Fresque de Gaspero Martellini


La salle peut, aujourd'hui, paraître assez vide... mais il ne faut pas oublier qu'elle était, à l'origine, une salle d'expositions de divers instruments de physique. Ils ont aujourd'hui rejoint le Museo Galileo, telles ces diverses lunettes, fabriquées par Galilée, ses disciples (notamment Toricelli) ou d'autres facteurs de la même époque.

Le plafond est particulièrement travaillé (Noter que du point de vue géométrique, il s'agit d'une intersction de cylindres, qu'on pourrait croire décomposée en deux ellipses, dans la mesure om la dsalle est perçue comme carrée... mais ce n'est pas tout à fait le cas: 6,86m en profondeur pour 7,22m en largeur)

La décoration comporte deux figures allégoriques en médaillon: la Mathématique (à gauche sur nos images) et l'Astronomie (à droite). Elles sont l'œuvre de Luigi Sabatelli.



Et voilà enfin, dans l'hémicycle qui termine cette enfilade, Galilée entouré de ses quatre principaux disciples, et surmonté d'un dôme où sont évoqués trois grands moments de sa vie scientifique.




Fresques de Luigi Sabartelli. De gauche à droite:
Galilée réfléchit devant le lustre oscillant du Duomo de Pise;

Galilée présente sa lunette au Sénat de Venise;
Galilée, vieux et aveugle, converse avec ses élèves.



À gauche de la statue de Galilée:
Castelli, Cavalieri

statue, par Aristodemo Costoli

Détail: figures de géométrie,
dont une parabole (chute des corps)


À droite de la statue de Galilée:
Toricelli, Viviani

Au pied de la statue, juste à l'avant de l'hémicycle, une allégorie de la démonstration... et bien sûr, le thème choisi est le théorème de Pythagore! On reconnaît, sur la tablette que tient le personnage à gauche, la célèbre figure des Éléments d'Euclide.




u

pilier gauche
Enfin, les piliers à l'entrée ont reçu des décors en stuc, évoquant diverses "inventions" attribuées (parfois un peu généreusement!) à Galilée: on reconnait sur le pilier gauche la lunette en haut, et le compas de proportion en bas (fans ces deux cas, il s'agit plutôt de perfectionnement). Ádroite, le pendule et son thermomètre.


pilier gauche, détail central

pilier droit, bas

pilier droit, haut

... et Tout le Reste!

à Florence

Il n'est pas surprenant de croiser Galilée en d'autres lieux de sa ville... et tout d'abord, sur la rive de l'Arno, à la Bibliothèque Nationale Centrale de Florence. Le bâtiment est d'une élégance... assez moyenne, mais dominé par deux "niches", l'une abritant notre héros (lunette à la main, bien évidemment!), l'autre Dante Alighieri, également natif de la cité: beau symbole de la présence des sciences et des lettres. On retrouve la tête de Galilée dans un médaillon décoratif.





Mais il est aussi présent... au fronton de la demeure de son disciple Viviani, le   célèbre Palais des Placards, qui figure en bonne place des curiosités recommandées de la ville... sans qu'on fasse, la plupart du temps,  allusion à son illustre propriétaire!


 
Les "Placards" encadrant l'entrée, doù le nom du palais
Détail : buste de Galilée au dessus de la porte


Bien sûr, on le retrouvera dans "son " musée -qui est, de manière plus générale, un musée des sciences, le Museo Galileo (site officiel , avec beaucoup de pièces de sa collection à voir en ligne... même si, bien sûr, rien ne vaut une visite sur place). Nous l'y verrons seul... ou en compagnie de son fidèle Viviani!



Tito Lessi, Galileo & Viviani, 1892
On trouvera un monument mémorial bien plus récent à une sortie de la ville, toujours le long de l'Arno. Cette stèle est un hommage et non une image... Inaugurée en 1997, elle s'intitule Soleil pour Galilée.








Stele "Sole per Galileo Galilei"










à Pise


 

Á Pise aussi, les rives de l'Arno sont propices à l'évovcation de Galilée. La ville a donné son nom à un quai... et par voie de conséquence, à un arrêt d'autobus!
Il s'y est aussi déroulé des expositions en hommage au savant.
 

Mais on trouvera bien mieux... à condition d'explorer avec curiosité les vestiges de vieux remparts qui furent aux portes de la cité -toujours le long de l'Arno. Pas spécialement mise en valeur par une localisation (une relégation?) dans l'angle droit formé par deux murs, près d'une tour guelfe, un peu camouflée  par la végétation pour le passant pressé, c'est une statue du grand savant que l'on découvre ici! C'est le Ponte dellla Cittadella  qu'on aperçoit derrière  (pour vous aider à situer).  Le petit cube de marbre devant le socle  indique  qu'il s'agit de Galilée... mais les autres inscriptions, dont probablement le nom de l'auteur, sont illisibles!!!








 

et ailleurs!

Á Bologne, surprise en débouchant sur une petite place piétonnisée; Galilée est là, avec son inséparable lunette, bien évidemment!



Œuvre de Gianni Arico, sponsorisée (entre autres) par le Cercle Galiléen de Bologne


Á Kalouga, au Musée de l'Histoire de la Cosmonautique, Galilée nous accueille dans le hall d'entrée, à côté de Képler... avec qui il a entretenu une correspondance; ce voisinage est naturel. Giordano Bruno et Copernic ne sont fd'ailleurs pas loin!
On appréciera le style très ... soviétique de ces reliefs. Mais au moins, cela change un peu!
N.B.: la présence de ce musée s'explique par le fait que c'est dans ce bourg qu'est né Tsiokovsky, le génial visionnaire de la conquête de l'epace!










Références

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